Pourquoi les humains s'acharnent-ils sur les nuages ?
“Maman, tu le vois le gros hippopotame dans le ciel ?”
Pendant nos vacances, avec mon fils, nous avons pris le temps d’observer les nuages, de les compter, de les regarder se dessiner, parfois même se métamorphoser dans le ciel. Nous avons laissé divaguer notre imagination et profité de grands moments d’oisiveté. Les nuages ont quelque chose de rassurant, de réconfortant, tout en nous permettant d’observer le temps qui passe.
Et toi, à quand remonte la dernière fois où tu as vraiment pris le temps d'observer les nuages ?
Il y a quelques semaines se déroulait la Journée internationale des nuages, un évènement créé par Mathieu Simonet, écrivain et ancien avocat. Depuis 2022, Mathieu Simonet nous invite, grâce à cet évènement poético-politique, à prendre le temps d’observer les nuages tout en réfléchissant aux droits qui pourraient leur être accordé. Il est primordial de réfléchir à ces sujets, tant d’un point de vue juridique qu’environnemental.
Et pour cause : depuis des années, l’ensemencement des nuages est une pratique courante dans plus de 50 États dans le monde. Afin d’influencer le phénomène de pluie ou de grêle, des aérosols sont ajoutés dans l’atmosphère dans le but de modifier le fonctionnement naturel des nuages. À ce jour, cette pratique est majoritairement utilisée par le monde agricole mais le secteur de l’évènementiel s’y intéresse afin de garantir des mariages sans pluie ! On marche sur la tête, n’est-ce pas ?
De nombreuses études ont été menées sur le sujet mais aucun consensus scientifique n’a été pour l’instant dégagé quant à l’efficacité de ces méthodes. En revanche, nous sommes en mesure de nous questionner sur l’impact de l’iodure d’argent et autres aérosols qui, après avoir été diffusés dans l’air, retombent nécessairement sur les sols et les cultures.
⇒ Pour aller plus loin, je t’invite à lire cet article
Face à ces pratiques, on pourrait s'attendre à un cadre juridique solide. Or, les nuages ne bénéficient actuellement d'aucun statut juridique particulier. Le seul texte à l’échelle mondiale est une Convention des Nations Unies de 1976 dénommée ENMOD, ce texte de soft law est une Convention sur l'interdiction d'utiliser des techniques de modification de l'environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles. (cela faisait suite aux actions menées par les États-Unis pendant la Guerre du Vietnam, les américains ont ensemencé des nuages pour déclencher la mousson et retarder les troupes ennemies). Ce texte compte 48 états signataires dont la France ne fait pas partie.
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